Médecin à Téhéran, Arash (l’excellent Misagh Zareh, vu notamment dans The Seed of the Sacred Fig) a été arrêté et s’est vu interdire d’encore pratiquer après avoir secouru de jeunes manifestants opposés au régime. Y ayant laissé ce qu’il lui restait d’illusions et en proie à un insondable désespoir, cet homme posé et réfléchi a décidé de mettre fin à ses jours. Après avoir minutieusement préparé son départ, il ne lui reste plus qu’à prévenir ses proches : son frère, ses deux soeurs et, plus délicat encore, leur mère. Le début d’une longue journée pendant laquelle ses certitudes vont vaciller au fil des rencontres, à sa famille, partagée entre effarement, tristesse et colère, s’ajoutant ses patients dont il ne veut pas prendre congé sans s’être assuré qu’ils seront pris en charge…
« Pourquoi continuer à vivre avec toute cette souffrance ? » A cette question posée par le principal protagoniste de A Bit of Light, -, Ali Asgari (Juste une nuit, Chroniques de Téhéran) apporte une réponse tout en finesse, s’attachant aux liens invisibles qui nous unissent alors que le monde alentour s’effondre et que les lendemains apparaissent toujours plus incertains. Constat particulièrement d’actualité dans le contexte iranien, le film étant infusé par une critique implicite du régime. Bien dans la manière d’Asgari qui, procédant par touches subtiles, signe une chronique sensible qu’il saupoudre encore de savoureux échantillons d’humour. Modeste en apparence, A Bit of Light est un petit concentré d’humanité porteur, sinon d’espoir, de consolation.