Le temps des possibles

Pietro Giustolisi et Stella Wendik.

En cette rentrée 2007, l’événement, à l’Institut technique Marie Curie de Trieste, c’est l’arrivée de Frederika (Stella Wendik), jeune Suédoise de 17 ans débarquée de Stockholm et seule fille de sa classe de rhéto. Si les regards sont braqués sur elle, il en faut plus pour la déstabiliser, qui observe d’un ton égal quand son père réviseur d’entreprise lui demande comment s’est déroulée sa première journée de cours : « on aurait dit le début d’un film porno ». Passé un bizutage bien lourd, Fred se lie d’amitié avec un trio inséparable : l’écorché Pasini (Pietro Giustolisi), le discret Antero (Giacomo Covi) et le rassurant Mitis (Samuel Volturno). Entamée dans l’insouciance des sorties en bande dans les rues et les cafés de Trieste et des soirées passées à jouer à « action ou vérité », leur relation va toutefois changer quand viendront s’y greffer le désir et les sentiments amoureux…

Révélée il y a cinq ans par l’étonnant Piccolo Corpo, la réalisatrice italienne Laura Samani change de registre avec Une année italienne, récit d’apprentissage inspiré de Un Anno di Scuola, roman de Giani Stuparich écrit en 1929 qu’elle a transposé en 2007. Soit l’année où elle terminait ses études secondaires dans cette même école triestine, tandis que la Slovénie voisine entrait dans l’espace Schengen, métaphore limpide du champ de possibles qu’entrouvre le film, suspendu entre fièvre adolescente et passage à l’âge adulte. Un moment que la cinéaste croque avec finesse, signant, avec l’appui de comédiens débutants formidables de naturel, un teen-movie solaire au parfum délicatement nostalgique.

Une année italienne

Récit d’apprentissage de Laura Samani. Avec Stella Wendik, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi, Samuel Volturno.

cote: 3/5

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