Jeune comédienne, Garance (Adèle Exarchopoulos) carbure à l’envie et à l’enthousiasme à défaut de premiers rôles, l’alcool lui tenant lieu de fidèle compagnon des soirées festives mais aussi de galère. Lesquelles ont une fâcheuse tendance à se répéter, sa vie tant professionnelle que sentimentale ou familiale se délitant dans les brumes des verres de vin blanc qu’elle enquille sans modération au gré des engagements précaires, des déménagements et des rencontres éphémères qui meublent son quotidien. Alcoolique mondaine puis tout court, encore qu’elle s’en défende, elle qui débite comme un mantra : « Les angoisses, les gueules de bois, c’est comme les courbatures après le sport ». Et qui s’abandonne à une fuite en avant que son entourage craint sans retour, jusqu’au jour où elle croise Pauline (Sara Giraudeau), une scénographe qui oppose sérénité et délicatesse à sa confusion et sa fébrilité…
Après Pupille et Je verrai toujours vos visages (sur la justice restaurative), Jeanne Herry se détourne du film choral pour s’attacher, dans Garance, au parcours d’une jeune intermittente du spectacle fragilisée et s’abimant dans l’addiction au risque de voir sa vie lui échapper. Si le film fait parfois étalage à l’excès de ses bonnes intentions, le portrait de cette dérive n’en est pas moins sensible, l’interprétation étourdissante d’Adèle Exarchopoulos apportant au personnage nuances et profondeur, tandis que le duo asymétrique qu’elle compose avec Sara Giraudeau illumine l’ensemble d’une lumière douce et sensuelle.
Garance
Drame de Jeanne Herry. Avec Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, Anne Suarez, Jacques Vincey, Jehnny Beth,…