Les visiteurs du mésozoïque

Ewan McGregor et Anne Hathaway © Warner Bros. Pictures

Sans conteste l’un des cinéastes américains les plus doués de sa génération, David Robert Mitchell avait disparu des radars après le génial polar angelino Under the Silver Lake, en 2018. C’est dire si son retour aux affaires avec The End of Oak Street constitue aujourd’hui un petit événement. Après l’horreur (It Follows) et le film néo-noir, le réalisateur s’y empare d’un nouveau genre cinématographique : le film de dinosaures. L’action se situe en 1982 à Flowervale, petite ville où l’on découvre les Platt, la mère Denise (Anne Hathaway), le père Greg (Ewan McGregor) et leurs deux ados, Audrey (Maisy Stella) et Brian (Christian Convery), sans oublier le chien, Starbuck. Une famille banale jusque dans les tensions entre les parents et les secrets qu’elle couve, et appréciée au sein de la petite communauté locale. Rien de neuf dans la suburbia américaine ? Voire : un jour qu’elle rend visite à une voisine qui l’accompagne dans ses débuts de romancière, Denise découvre dans son jardin une plante présumée disparue depuis l’ère mésozoïque… Elle n’a encore rien vu puisque, suite à un étrange phénomène cosmique, c’est tout le quartier qui se trouve bientôt coupé du reste du monde et transporté au temps des dinosaures, lesquels batifolent dans les allées, croquant tout ce qui leur tombe sous les griffes…

Il plane sur The End of Oak Street un parfum certes pas désagréable de production Amblin. S’inscrivant ouvertement dans les pas de Steven Spielberg, David Robert Mitchell signe un pur film de divertissement où l’aventure familiale est pimentée par le surgissement du surnaturel, comme si Jurassic Park s’invitait dans ces banlieues pavillonnaires modèles qui peuplaient le cinéma américain des années 80 et 90. S’il ne s’écarte guère des canons du genre, Mitchell y injecte à l’occasion un second degré bienvenu, tout en se délectant (et le spectateur avec lui) de la présence des créatures – mention spéciale au ver géant, même si le couple de diplodocus n’est pas mal non plus. Sans avoir l’originalité des précédents opus du réalisateur, cette plongée dans une faille temporelle n’en reste pas moins une belle réussite portée par une brise délicieusement nostalgique. Un blockbuster estival tout ce qu’il y a de plus fréquentable.

The End of Oak Street

Film d’aventures et de science-fiction de David Robert Mitchell. Avec Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella, Christian Convery.

cote: 3/5

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