Remarquée par sa hiérarchie, Audrey (Ana Girardot), fille d’agriculteurs et cheffe de rayon dans un supermarché de province, est invitée à monter au siège parisien de son enseigne. Si elle voit dans sa promotion une opportunité de défendre ses valeurs et de soutenir la filière bio et locale, la jeune femme va découvrir la réalité du monde de la grande distribution, et plus particulièrement des négociations entre une centrale d’achats et de petits producteurs – à l’instar de son frère Ronan (Julien Frison), tentant de surnager à la tête de l’exploitation familiale. Un univers auquel l’initie l’intransigeant Bruno Fournier (Olivier Gourmet) et où le cynisme règne en maître…
« Ce qui se passe dans le box (de négociations) reste dans le box ». Avec son premier long métrage, Anthony Dechaux lève le voile sur monde méconnu de la grande distribution et ses méthodes brutales. Evoquant le cinéma d’un Stéphane Brizé (La loi du marché notamment), La guerre des prix adopte pour ce faire les contours d’un thriller social aux rouages huilés avec soin, revisitant la fable du pot de terre et du pot de fer à l’aune d’un capitalisme carnassier. Pour un résultat aussi efficace que décillant (même si en deça, sans doute, de la réalité), trouvant en Ana Girardot, mélange de détermination et de candeur, une interprète idéale.
La guerre des prix
Thriller social d’Anthony Dechaux. Avec Ana Girardot, Olivier Gourmet, Jonas Bloquet, Julien Frison.