Tanger. Installée depuis toujours à la calle Malaga, dans le quartier espagnol de la ville, Maria Angeles (Carmen Maura) y coule une vieillesse heureuse. La visite de sa fille Clara (Marta Etura), débarquée en coup de vent de Madrid, va toutefois venir bousculer son quotidien : confrontée à des difficultés financières inextricables, la jeune femme a en effet décidé de revendre l’appartement familial en dépit l’opposition de sa mère. Ne voulant se résoudre à quitter son cadre de vie et ses souvenirs, cette dernière va rapidement déserter la séniorie où venait de la placer Clara pour « squatter » son ancien appartement en se cachant des acquéreurs potentiels, goûtant bientôt aux joies d’une liberté nouvelle et d’un désir retrouvé…
Maryam Touzani a puisé dans les souvenirs de son enfance tangéroise pour écrire Calle Malaga. Elle en a tiré un film d’une douceur réconfortante, qu’anime en outre un esprit frondeur réjouissant. La pâte d’un feelgood movie chaleureux qui, s’il n’est pas dénué de certaines facilités – des personnages un peu trop tranchés notamment -, emporte toutefois l’adhésion, tant par sa mise en scène, tout en ondulations sensuelles, que par son ton, délicatement subversif. Un contexte qu’illumine la présence de Carmen Maura, l’actrice almodovarienne trouvant là un terrain de jeu à la mesure de son talent et de sa fantaisie, irrésistible en vieille dame refusant de céder aux injonctions diverses pour reprendre le contrôle de sa vie et même regoûter à l’amour – vaste programme, dans lequel on la suit bien volontiers…
Calle Malaga
Comédie dramatique de Maryam Touzani. Avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane.