Quatre ans après être parti en quête de La Panthère des neiges sur les hauts plateaux tibétains en compagnie de Sylvain Tesson, c’est dans « son jardin » des Vosges que Vincent Munier a choisi de poser sa caméra pour Le Chant des forêts. L’approche se veut cette fois plus contemplative, le photographe réalisateur se tenant, discret, à l’affût d’une nature à laquelle il laisse le temps de se révéler dans des tableaux d’une stupéfiante beauté – forêt émergeant des brumes telle une cathédrale, silhouettes de biches flottant, spectrales, à l’appel du brame, lynx s’effaçant dans le paysage, chevêchette, grand-duc…, et jusqu’au grand tétras, cet oiseau mythique, dont l’ombre va les conduire jusqu’en Norvège, lui, son fils Simon, et son père, Michel.
Mieux qu’un documentaire animalier classique, Le Chant des forêts se révèle une expérience sensorielle et immersive d’exception. Vincent Munier inscrit dans le temps long son lien intime à la nature, tout en faisant doublement oeuvre de transmission : à l’égard de son fils, avec lequel il partage l’héritage de son père naturaliste. Et à l’attention du spectateur, qu’il invite à reconsidérer sa place dans son environnement et son rapport au sauvage désormais menacé de disparition. « La nature n’est pas qu’un spectacle, c’est avant tout une vie partagée », observe-t-il. Réflexion au coeur d’un film où le chant de la forêt ouvre, pour qui veut l’entendre, sur une aventure spirituelle. Superbe.
Le Chant des forêts
Documentaire animalier de Vincent Munier.