Portrait intime de la comaternité

Ella Rumpf.

Paris, au printemps 2014. En couple depuis quelques années, Nadia (Monia Chokri) et Céline (Ella Rumpf) attendent leur premier enfant après une PMA effectuée au Danemark. A l’effervescence et aux questions entourant l’événement s’ajoutent les lourdeurs administratives : Nadia porte le bébé que Céline devra adopter à la naissance, la procédure voulant qu’elle recueille les témoignages d’une quinzaine de proches se portant garants de son aptitude à être une « bonne » maman. Et la jeune femme de s’engager sur un chemin sinueux, tentant de renouer avec une mère pianiste et absente (Noémie Lvovsky, parfaite) tout en se frottant au regard des autres alors qu’elle s’interroge sur sa place et sa légitimité.

Pour son premier long métrage, Alice Douard, césarisée en 2024 pour le court L’attente, s’est inspirée de sa propre expérience. Situé au lendemain du vote en France de la loi Taubira permettant le mariage et l’adoption pour les couples du même sexe, Des preuves d’amour évite joliment les travers du film à thème, pour vibrer au plus près de son duo d’interprètes – les épatantes Ella Rumpf et Monia Chokri, aussi dissemblables que complices. Se lovant dans leur intimité, le film bouscule les représentations amoureuses à l’écran et questionne la parentalité dans un mélange de douceur, d’acuité et de légèreté. Pour un résultat lumineux, consacrant la révélation d’une cinéaste.

Des preuves d’amour

Comédie dramatique de Alice Douard. Avec Ella Rumpf, Monia Chokri, Noémie Lvovsky.

cote: 4/5

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