Vertiges de l’amour

Anaïs Demoustier et Pio Marmaï © Guy Ferrandis.

Paris, dans les années folles. Espérant profiter de la crédulité d’Antoine Balestro (Pio Marmaï), un peintre inconsolable et à cours d’inspiration depuis la mort de sa femme, Suzanne (Anaïs Demoustier), une foraine désargentée – la Vénus du titre, dont les baisers électrisent les chalands – se fait passer pour une médium à même d’entrer en contact avec l’esprit d’Irène (Vimala Pons), la disparue. L’époux n’y voyant que du feu, l’imposture se prolonge, encouragée par Armand (Gilles Lellouche), le galeriste de l’artiste, trop heureux de voir ce dernier reprendre ses pinceaux. Un petit manège lucratif toutefois compromis à mesure que Suzanne tombe amoureuse de l’homme qu’elle est en train d’embobiner, tout en s’identifiant toujours plus à celle qui était son pygmalion.

Des Apprentis à En liberté !, Pierre Salvadori s’est imposé comme un maître de la comédie, disposition que vient aujourd’hui lumineusement confirmer La Vénus électrique, sémillante incursion dans le film d’époque. L’origine de son scénario abracadabrant remonte à Planétarium, de Rebecca Zlotowski, dans lequel Salvadori jouait un cinéaste, le film s’inspirant de celui qu’était alors censé tourner son personnage. Il en tire une fantaisie virevoltante trouvant dans le Paris des années 1920 et son goût pour l’occultisme un cadre romanesque où les sentiments valsent tandis que l’amour transcende la mort. Une partition que Salvadori lie avec une appréciable maestria, célébrant le pouvoir de la fiction d’une écriture finement ciselée, et signant une comédie romantique enjouée mais non dénuée de mélancolie pour autant, dans laquelle ses comédiens embarquent avec une jubilation manifeste. Electrisant.

La Vénus électrique

Comédie romantique de Pierre Salvadori. Avec Anaïs Demoustier, Pio Marmaï, Vimala Pons, Gilles Lellouche.

cote: 4/5

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