L’éternel retour

Hiroki Sano.

C’est l’histoire d’un homme ruminant son bonheur perdu, Sano, la trentaine éteinte, que l’on découvre à l’été 2023, de retour avec son ami Miyata dans la petite station balnéaire de la péninsule d’Izu où, cinq ans plus tôt, il avait rencontré celle qui allait devenir sa femme, Nagi, décédée entre-temps. Et d’errer, comme absent à lui-même et aux autres, entre hôtel et jetée; hanté par le souvenir de la disparue, matérialisé dans une casquette rouge qu’il n’a de cesse de retrouver, écho dérisoire d’un amour traversant le temps, jusqu’à le ramener aux jours heureux de 2018…

Troisième long métrage du réalisateur japonais Kohei Igarashi, Super Happy Forever déconstruit la chronologie pour envisager cette histoire d’amour à rebours, reliant les deux époques dans un mouvement d’une délicate fluidité. Le cinéaste a le trait subtil, orchestrant les rimes temporelles avec maestria. Il signe un drame feutré sur la mémoire et le deuil, dont la narration, baignée de poésie et de mélancolie, s’autorise des lignes de fuite pour gagner des rivages paradoxalement lumineux. Une petite perle suspendue entre présent et passé, et dispensant un trouble persistant au son de Beyond the Sea

Super Happy Forever

Drame de Kohei Igarashi. Avec Hiroki Sano, Yoshinori Miyata, Nairu Yamamoto, Hoang Nh Quynh.

cote: 3/5

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