Au coeur de Woman and Child, le nouveau film de Saeed Roustaee, cinéaste iranien révélé en 2019 par le polar La Loi de Téhéran, avant de signer le non moins magistral Leila et ses frères, on trouve une femme en quête d’autonomie et de liberté. Elle s’appelle Mahnaz (Parinaz Izadyar), a 45 ans et est infirmière et veuve, élevant ses deux enfants dans un appartement de Téhéran entourée de sa mère et de sa soeur cadette. Alors qu’elle s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son existence en épousant Hamid (Payman Maadi), un ambulancier magouilleur, Aliyar (Sinan Mohebi), son fils adolescent à l’intelligence indisciplinée, est renvoyé de son école après un énième coup d’éclat. Si elle a n’a guère le temps de s’en soucier, affairée qu’elle est à préparer la visite de sa future belle-famille, c’est là le premier d’une série d’événements qui vont transformer le quotidien de Mahnaz en enfer, tout en attisant son irrépressible désir de réparation…
Saeed Roustaee a habitué aux fresques de grande ampleur auscultant aussi bien la société que la famille iraniennes. Il n’en va pas autrement de Woman and Child, qui s’attache au destin d’une femme décidant d’affirmer son indépendance dans un environnement tiraillé entre tradition et modernité, pour se heurter de plein fouet à l’oppression patriarcale. Et d’entamer un parcours de combattante que le cinéaste déroule suivant une mécanique implacable, enclenchant un engrenage tragique qui va conduire son héroïne aux dernières extrémités. Un peu trop appuyé dans ses ressorts dramatiques, Woman and Child n’a sans doute pas la force des précédents films de Roustaee. Il n’en trace pas moins, diverses fulgurances de mise en scène et la composition étincelante de Parinaz Izadyar à l’appui, le portrait secouant d’une femme en butte à l’injustice et aux raideurs de la société persane.
Woman and Child
Drame de Saeed Roustaee. Avec Parinaz Izadyar, Payman Maadi, Soha Niasti.