Omaha s’ouvre à la lueur de l’aube, alors qu’un père (John Magaro) embarque ses deux jeunes enfants, Ella (Molly Belle Wright) et Charlie (Wyatt Solis), et leur chien Rex dans un break ayant connu des jours meilleurs pour un road trip inattendu. Si le voyage débute dans une relative insouciance, une angoisse sourde se fait bientôt jour, les intentions du papa restant nébuleuses alors que la petite famille avale les paysages de l’Utah en direction du Nebraska. Car si cet homme taiseux tente bien de donner le change le temps d’une visite au zoo ou d’une étape dans un motel, il ne peut masquer son désarroi croissant, ce qui n’échappe pas à Ella du haut de ses dix ans…
Premier long métrage du cinéaste américain Cole Webley, Omaha se déploie dans l’immensité de décors brassant du rêve. C’est pourtant bien de faillite de l' »american dream » qu’il est question dans ce drame intime ayant pour toile de fond la crise des subprimes en 2008, mais qui pourrait aussi bien se dérouler aujourd’hui. Le cinéaste a le trait délicat, filmant tout en retenue les fractures de l’Amérique et la dérive d’un père aimant mais dépassé; un homme que les circonstances ont conduit aux dernières extrémités – celles qu’autorisait alors la Safe Haven Law adoptée par le Nebraska. Une réalité tragique envisagée avec une remarquable sobriété et une non moins appréciable douceur, pour un film aussi poignant que sensible habité par un formidable trio de comédiens, à la subtilité et la vulnérabilité de John Magaro répondant le naturel de Molly Belle Wright et Wyatt Solis. Primé à Deauville, Omaha consacre la révélation d’un cinéaste.
Omaha
Drame de Cole Webley. Avec John Magaro, Molly Belle Wright, Wyatt Solis.