Femme au bord de la crise de père

Lisa Loven Kongsli.

Lorsqu’elle apprend fortuitement l’identité de son donneur de sperme – Niels Krohn (Herbert Nordrum), un concepteur de jeux vidéo à succès – Edith (Lisa Loven Kongsli), journaliste dans la quarantaine et mère célibataire depuis cinq ans, cède à la curiosité et brise un tabou : prétextant une interview pour le magazine qui l’emploie, elle décide de le contacter. Manière, escompte-t-elle, de mieux cerner ce que son fils Sigurd a pu hériter de son père biologique, tout en trouvant peut-être une réponse à certaines des questions qui la tiraillent. La recevant dans sa villa tout en transparences, Niels se révèle un hôte prévenant doublé d’un « bon client », se racontant tandis qu’Edith mène sa curieuse enquête, consignant dans un carnet quelques-unes de ses impressions – « Hypersensible », « Autiste », « Narcissique »… Ce qui aurait pu s’arrêter là prend une autre tournure lorsque, s’étonnant de ne pas avoir de nouvelles de l’article, et pour cause, Niels la recontacte…

Premier long métrage de la cinéaste norvégienne Janicke Askevold, Solomamma est une oeuvre singulière, préférant aux raideurs du film à thème une vision de l’intérieur de cette maternité solo désirée et des doutes et questionnements intimes pouvant en découler. La réalisatrice a le trait fin et subtil, laissant les questions éthiques infuser librement son propos tout en s’écartant de schémas convenus. Elle trouve aussi en Lisa Loven Kongsli, découverte dans Snow Therapy, de Ruben Östlund, une interprète idéale, apportant sensibilité et légèreté à cette femme indépendante devant composer avec ses angoisses intimes mais aussi avec le regard du monde alentour. Pour signer un magnifique portrait au féminin, à la fois délicat et complexe.

Solomamma

Drame de Janicke Askevold. Avec Lisa Loven Kongsli, Herbert Nordrum.

cote: 4/5

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *