C’est l’histoire d’un voyage au bout de la nuit, celui de Nino Paradis (Oscar Högström), la vingtaine en errance balisée de fêtes sans fin, de défonce occasionnelle, de menus trafics et de petits boulots. Un chemin cahoteux emprunté avec ses potes Malik (Bilal Hassani) et Charlie (Théo Augier), et illuminé par la présence de sa copine Lale (Mara Taquin), la précarité mais aussi un amour incandescent en partage. Et Nino d’avancer à tâtons, mu par une énergie rageuse et opposant à un horizon couleur galère l’étincelle du poète et un irrépressible élan de liberté…
Adapté du roman éponyme de Simon Johannin et Capucine Azaviele, le troisième long métrage de Laurent Micheli (Lola vers la mer) laisse d’abord craindre un récit de déglingue moult fois ressassé, façon version contemporaine et parisienne de Trainspotting. S’il y a un peu de cela en effet, Nino dans la nuit n’en trouve pas moins son ton propre, alimenté par une belle voix off encadrant les évolutions de son personnage en quête de sens dans un monde n’en ayant plus vraiment à proposer. Un mouvement que l’excellent Oscar Högström habite de sa présence écorchée, s’avançant sur le fil d’une mise en scène sensorielle et lyrique venue conférer à ce récit d’apprentissage inscrit dans le réel un souffle exaltant. Au bout du voyage, le portrait du jeune homme aura mué en celui d’une génération animée par la fureur de vivre et réinventant les codes de la résistance et de la solidarité. Si elle ne va pas sans danger, la nuit de Nino est aussi pleine de promesses...
Nino dans la nuit
Drame de Laurent Micheli. Avec Oscar Högström, Mara Taquin, Théo Augier, Bilal Hassani.