A Day at the Berlinale (5) : Warwick Thornton sublime l’outback

« Wolfram », de Warwick Thornton.

On avait découvert le réalisateur australien Warwick Thornton en 2009 avec le formidable Samson & Delilah, Caméra d’or du meilleur premier long métrage à Cannes. Si sa carrière a ensuite emprunté des chemins sinueux, il renoue, dans Wolfram, avec le meilleur de son cinéma. L’action de ce western se situe dans les années 30, quelques années après celle de son précédent Sweet Country. C’est là, au coeur de l’outback, dans la petite ville minière de Henry, que l’on découvre deux enfants aborigènes, Max et Kid, livrés à eux-mêmes après que leur mère leur a été enlevée, et forcés par les colons blancs à travailler dans les mines de tungstène. Une situation que va noircir encore l’arrivée d’une paire de tueurs racistes et sanguinaires sévissant en toute impunité, leur présence menaçante contraignant les gamins, rejoints par un ado métis, à fuir dans les étendues désertiques.

L’identité aborigène se trouve au coeur de l’oeuvre de Warwick Thornton depuis ses débuts. Il n’en va pas autrement aujourd’hui de Wolfram (du nom du métal convoité par la plupart des protagonistes), western anticolonial déclinant les motifs de la survie et de la résilience dans un paysage désolé que magnifie le recours au scope. Plongeant dans le passé mouvementé de l’Australie, Thornton a parfois le trait fort appuyé, en particulier lorsqu’il s’agit de croquer les antagonistes de ses jeunes « héros ». Son film, classique dans son exposition, n’en est pas moins porté par un souffle émancipateur puissant et un lyrisme enivrant. Sentiment culminant lors d’un dernier acte inattendu, ponctuant cette épopée violente sur une note apaisée et lumineuse. Inspirant.

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