1899. Institutrice, Aimée (Galatea Bellugi) débarque par une nuit de tempête dans un hameau reculé des Hautes-Alpes afin d’y instruire une poignée d’enfants. Animée par un idéal laïc et républicain, la jeune femme fait front dans les rigueurs de l’hiver et le confort sommaire de la chaumière où on l’a installée, tout en découvrant les usages locaux – le rituel voulant que les hommes « écoutent » chaque jour le soleil affalés sur un rocher, ou encore le fait de fixer un cercueil sur un toit en attendant le dégel. Mais si elle tente de se fondre dans la petite communauté, désertée par les femmes descendues travailler dans la vallée, elle se heurte aux superstitions et préjugés des habitants, la situation se dégradant lorsqu’un montagnard disparaît dans une avalanche…
Cinéaste venue du documentaire, Louise Hémon s’est inspirée, pour son premier long métrage de fiction, de son héritage familial, étant issue d’une lignée d’institutrices qui étaient envoyées dans des villages alpins pendant les mois d’hiver. Si la réalisatrice privilégie une approche naturaliste, elle veille aussi à transfigurer le réel, donnant à L’Engloutie une coloration quasi fantastique, tout en baignant le récit, où il est aussi question d’éveil au désir, de sensualité et de mystère. S’ensuit, enveloppé dans une nature sauvage – on pense parfois au magnifique Vermiglio, de Maura Delpero – un film fascinant, conte d’hiver habité par la présence magnétique de Galatea Bellugi. Une découverte.
L’engloutie
Drame de Louise Hémon. Avec Galatea Bellugi, Samuel Kircher, Matthieu Lucci, Sharif Andoura.