Argentine, 1976. Engagé pour enseigner l’anglais dans un collège privé, Tom Michell (Steve Coogan) est un homme désillusionné et cynique, portant un regard indifférent sur son environnement – ses élèves peu motivés comme le coup d’Etat qui vient de porter la junte militaire au pouvoir. Parti pour quelques jours en Uruguay afin d’échapper au chaos ambiant, il y recueille un manchot dans des circonstances rocambolesques, ce dernier refusant ensuite de le quitter. L’amitié inattendue qui va en découler fera office de révélateur pour le professeur, titillant sa conscience alors que l’Argentine bascule dans la dictature fasciste et que les « disparitions » se multiplient.
Hautement improbable, cette histoire est pourtant inspirée de la réalité, The Penguin Lessons étant adapté des mémoires éponymes de Tom Michell. Réalisé par Peter Cattaneo, révélé à la fin des années 90 par le formidable The Full Monty avant de connaître un parcours en dents de scie, et scénarisé par Jeff Pope (Philomena), le film, s’il évoque timidement Le cercle des poètes disparus, s’en tient à un cahier des charges prévisible de feel-good movie ronronnant. Et se pose en buddy movie insolite certes non dénué de charme mais flirtant avec une mièvrerie et un sentimentalisme dont le sauvent toutefois Steve Coogan, parfait dans le registre de l’ironie désabusée, et son ami manchot, objectivement bluffant.
The Penguin Lessons
Comédie dramatique de Peter Cattaneo. Avec Steve Coogan, Jonathan Pryce, Björn Gustafsson, Vivan El Jaber, Micaela Breque.