Novembre 1943. Fuyant les bombardements sur Berlin, Rosa Sauer (Elia Schott) rejoint le petit village de Parcz, en Prusse orientale, pour y attendre le retour de son mari, envoyé sur le front russe. Elle n’est là que depuis quelques jours lorsqu’elle est réquisitionnée, avec six autres jeunes femmes, pour goûter les plats destinés à Hitler, ce dernier, dont le QG ultra protégé, la « tanière du loup », est tout proche, craignant un empoisonnement. Pour les cobayes du Führer débute un rituel cruel fait d’attente et d’angoisse et assorti de violence psychologique, chaque repas pouvant aussi être le dernier. Des circonstances qui vont avoir le don d’atténuer la distance séparant « la Berlinoise » de ses compagnes d’infortune…
A l’origine de La goûteuse d’Hitler, le nouveau film de Silvio Soldini (Pain, tulipes et comédie; Burning in the Wind), il y a le roman éponyme de Rosella Postorino, inspiré de faits réels révélés il y a une quinzaine d’années à peine. Abordant ce pan méconnu de l’Histoire, le cinéaste italien l’envisage d’un point de vue féminin, s’attachant au destin contrarié de son héroïne et à son éveil au désir au contact d’un officier SS, ainsi qu’à la sororité fragile s’ébauchant en réponse à la violence des hommes et à l’horreur de la guerre, maintenue hors champ mais palpable. Comme d’ailleurs la débâcle nazie annoncée, diversement appréciée par les protagonistes. Un sujet potentiellement passionnant, auquel la photographie de Renato Berta confère une patine grisâtre de circonstance, mais que ce drame historique peine à faire vibrer, corseté dans une mise en scène par trop convenue, et desservi par un scénario tentant maladroitement d’en élargir le spectre à l’aide de ressorts forcés.
La goûteuse d’Hitler (Le Assaggiatrici)
Drame historique de Silvio Soldini. Avec Elisa Schott, Alma Hasun, Max Riemelt.